Anglais  
line decor
RECHERCHE
 

 
 
Recherche de l'IRCS

 

L’IRCS est un programme de recherche innovateur de portée internationale, dont l’orientation principale jette un éclairage sur les facteurs et circonstances qui expliquent l’émergence du Canada moderne. Le programme représente le point culminant de plus de vingt-cinq années d’études socio-historiques systématiques menées par des chercheurs de partout au Canada. Ces travaux précurseurs ont préparé le terrain pour  l’IRCS, ainsi que pour les projets de recherche qui pourront voir le jour grâce à cette nouvelle infrastructure.

L’IRCS s’articule autour des concepts combinés de complexité et diversité ; un thème apparu à la faveur des récentes études portant sur la société canadienne, tant historique que contemporaine. Contrairement aux images qui dépeignent le Canada comme un pays de bûcherons et de « porteurs d’eau », habité par « deux solitudes » ou formé d’une « métropole et d’un hinterland », les chercheurs mettent de l’avant de nouvelles images plus à même de rendre justice à l’expérience collective du changement social.

Métis Traders

Métis Traders
Photo courtoisie des Archives nationales du Canada (C-004164)

Ces nouvelles images de la complexité et de la diversité canadiennes reflètent le souci d’une réinterprétation de l’histoire qui privilégie « l’anonyme ». Cette conception de l’idéologie et des actions des acteurs en position de pouvoir officiel et non-officiel nous apparaît certes nécessaire, mais néanmoins insuffisante. L’approche de l’histoire basée sur une vision antagonique des rapports sociaux est ici écartée ; nous privilégions plutôt de mettre en évidence les apports divers, bien qu’inégaux, des divers groupes sociaux. Au cours des récentes décennies, les chercheurs ont ainsi révélé « l’histoire cachée » du Canada, à savoir que le changement social à grande échelle résulte de la somme des décisions et des actions individuelles. C’est dans ce sens que les chercheurs analysent désormais le changement au Canada : de « haut en bas » et de « bas en haut ». Ils s’intéressent également aux interactions des individus au sein des familles, des communautés et d’autres institutions.

Comment les chercheurs peuvent-ils poursuivre un plan de recherche axé sur la construction du Canada moderne et formulé à partir de cette conceptualisation intimidante de la complexité du changement ? Il n’y a, naturellement, aucune réponse complète à cette question mais beaucoup de chercheurs conviennent maintenant que l’analyse systématique des microdonnées est essentielle pour sonder les façons dont le changement historique à grande échelle s’articule au niveau de l’expérience individuelle. D’ailleurs, c’est seulement en employant les données individuelles provenant des différents recensements décennaux que nous pouvons contrôler les variables qui sont étrangères à notre modèle théorique, et que nous pouvons réduire l’effet relatif des différentes variables indépendantes. C’est la seule façon de créer des mesures normalisées de changement pour les variables dépendantes principales (par exemple, des mesures de fertilité normalisées pour l’âge ou pour l’ethnicité, ou des mesures d’éducation normalisées pour la classe) ainsi que sur l’influence des variables dépendantes principales. En fin de compte, seules les mesures normalisées (comme les valeurs du dollar normalisées par des économistes aux années de référence particulières) peuvent nous permettre de théoriser au sujet du changement.

 

 

 

Inuit Woman

Inuites traînant un komatik chargé entre le quai et l'entrepôt de la Compagnie de la Baie d'Hudson
Photo courtoisie des Archives nationales du Canada (PA-166448)

 

Pour cette raison, la nouvelle vision de la communauté historienne et l’importance de révéler l’histoire « cachée » du Canada ont encouragé des chercheurs à analyser les données du recensement.  Dès le milieu du 17e siècle, les autorités ont entrepris le dénombrement périodique de la population, de sorte que les historiens disposent de documents d’une valeur inestimable pour mener des analyses démographiques, économiques et culturelles. Vers la fin du 18e siècle et tôt au 19e siècle, le recensement « moderne » est devenu l’une des activités du gouvernement les plus importantes et, de fait, la seule qui réclamait la participation de chaque résidant du Canada. Le recensement moderne et les dénombrements qui y sont apparentées furent, dès le début, associés au développement économique (par exemple, l’impôt et les dépenses), au développement politique (par exemple, le prélèvement des armées), et au développement social (par exemple, la prestation de services éducatifs et de services sociaux). Ainsi, en étudiant les résultats des dénombrements, les chercheurs ont commencé à analyser le déploiement progressif et inégal de ces trois grands secteurs de développement, ainsi que le passage de la tradition vers la modernité, de la décentralisation politique vers la centralisation, et de la pauvreté vers un bien-être plus étendu.  Ces résultats de recherche ont conduit à de nouvelles interprétations de presque tous les aspects du changement social, économique et culturel.

Afin de créer les micro-ensembles de données, les chercheurs de l’IRCS examineront également les dimensions culturelles, géographiques et idéologiques des questions et des réponses du recensement pour chaque dénombrement décennal. Plutôt que d’aborder chacune des variables comme des questions neutres et les réponses en tant que « faits » anodins immédiatement utilisables pour l’analyse, l’IRCS entreprendra des études systématiques du contexte social dans lequel les questions de recensement ont été construites et les réponses fournies. Ces études enrichiront le volet des données contextuelles, en fournissant aux utilisateurs des informations sur le contexte de production des données analysées, ainsi que sur leur valeur intrinsèque. Ces métadonnées sont à même de fournir des « modèles » non seulement pour la construction de l’infrastructure de recherche, mais également pour les analyses menées par l’ensemble de la communauté scientifique. De cette façon, l’IRCS favorisera non seulement l’analyse des données, mais contribuera également à une meilleure approche des questions principales, notamment les définitions changeantes de la « famille », de « l’alphabétisation », du « chômage » ou encore de « l’ethnicité ».

 

Aller à la page suivante