Pour cette raison, la nouvelle vision de la communauté historienne et l’importance de révéler l’histoire « cachée » du Canada ont encouragé des chercheurs à analyser les données du recensement. Dès le milieu du 17e siècle, les autorités ont entrepris le dénombrement périodique de la population, de sorte que les historiens disposent de documents d’une valeur inestimable pour mener des analyses démographiques, économiques et culturelles. Vers la fin du 18e siècle et tôt au 19e siècle, le recensement « moderne » est devenu l’une des activités du gouvernement les plus importantes et, de fait, la seule qui réclamait la participation de chaque résidant du Canada. Le recensement moderne et les dénombrements qui y sont apparentées furent, dès le début, associés au développement économique (par exemple, l’impôt et les dépenses), au développement politique (par exemple, le prélèvement des armées), et au développement social (par exemple, la prestation de services éducatifs et de services sociaux). Ainsi, en étudiant les résultats des dénombrements, les chercheurs ont commencé à analyser le déploiement progressif et inégal de ces trois grands secteurs de développement, ainsi que le passage de la tradition vers la modernité, de la décentralisation politique vers la centralisation, et de la pauvreté vers un bien-être plus étendu. Ces résultats de recherche ont conduit à de nouvelles interprétations de presque tous les aspects du changement social, économique et culturel.
Afin de créer les micro-ensembles de données, les chercheurs de l’IRCS examineront également les dimensions culturelles, géographiques et idéologiques des questions et des réponses du recensement pour chaque dénombrement décennal. Plutôt que d’aborder chacune des variables comme des questions neutres et les réponses en tant que « faits » anodins immédiatement utilisables pour l’analyse, l’IRCS entreprendra des études systématiques du contexte social dans lequel les questions de recensement ont été construites et les réponses fournies. Ces études enrichiront le volet des données contextuelles, en fournissant aux utilisateurs des informations sur le contexte de production des données analysées, ainsi que sur leur valeur intrinsèque. Ces métadonnées sont à même de fournir des « modèles » non seulement pour la construction de l’infrastructure de recherche, mais également pour les analyses menées par l’ensemble de la communauté scientifique. De cette façon, l’IRCS favorisera non seulement l’analyse des données, mais contribuera également à une meilleure approche des questions principales, notamment les définitions changeantes de la « famille », de « l’alphabétisation », du « chômage » ou encore de « l’ethnicité ».
|